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Bonne lecture.
Vincent Pereira
Mail : vincent@inaativ.com
J’ai assisté vendredi 18 juin à une conférence organisée par le CESI (organisme de formation professionnelle à Blanquefort en Gironde) sur le thème des risques psychosociaux.
Avant de commencer le compte rendu, voici une définition. Selon le ministère du travail, les risques psychosociaux sont « … les risques professionnels d’origine et de nature variées, qui mettent en jeu l’intégrité physique et la santé mentale des salariés …».
L’équipe d’intervenants était composée de 2 experts et de 2 représentants d’entreprise venus témoigner de leur pratique en matière de
gestion des risques psychosociaux.
Voici les grandes lignes de ce que j’ai retenu.
Le 1er intervenant était Laurent Samson, formateur-consultant et auteur d’un livre blanc passionnant sur les risques psychosociaux (à télécharger gratuitement ici).
Il a proposé, en introduction, sa définition des risques psychosociaux comme étant « l’apparition de troubles tant individuels que collectifs, ayant pour origine l’environnement professionnel. Troubles qui peuvent s’aggraver jusqu’à devenir pathologiques. »
Il a présenté ensuite les différentes typologies : le stress, le burn-out, le harcèlement sexuel, la violence (interne et externe) et le harcèlement moral.
Vous trouverez les définitions à la page 4 de son livre blanc. Je vous donne tout de même celle du stress car je la trouve intéressante : « Un état de stress survient lorsqu'il y a déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Il a fait ensuite le point sur les obligations des entreprises. Pour résumer : l’employeur doit prendre les mesures nécessaires (avec obligation de résultat) pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Pour finir, il aexpliqué les 3 niveaux d’intervention pour réduire le stress au travail (selon l’Organisation Internationale du Travail) :
- Prévention primaire : il s’agit d’évaluer les facteurs de stress dans l’organisation du travail, dans les méthodes, dans les relations de travail afin de les réduire
- Prévention secondaire : il s’agit d’aider les individus à développer des compétences pour faire face au stress. Cela peut passer par la formation des salariés à des techniques de gestion du stress : relaxation, sophrologie, gestion des émotions et de la communication, apprendre à s’affirmer, …
- Prévention tertiaire : il s’agit de prendre en charge les individus. Il y a, par exemple, le suivi psychologique individuel, les débriefings pour les personnes victimes d’agression, … Elles ne constituent pas véritablement des mesures de prévention mais plutôt des mesures de « réparation »
La seconde intervenante était Katia Reuter de l’ARACT Aquitaine. Elle nous a présenté
quelques chiffres plutôt intéressants (enquête la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) :
J’ai retenu que :
- 50 % des salariés déclarent travailler dans l’urgence
- 1 tiers des salariés déclarent recevoir des ordres contradictoires
Enfin, selon le Bureau International du Travail, dans les pays industrialisés, le coût du stress représente entre 3 et 4 % du PIB.
J’ai trouvé particulièrement intéressant la présentation des 5 étapes pour conduire un projet de santé au travail :
1. Passer de l’individu au collectif
2. Repérer, croiser et analyser les indicateurs
3. Comprendre les déséquilibres
4. Mettre en place des actions collectives et préventives
5. Evaluer les actions et structurer le suivi
Elle a ensuite développé, avec des schémas, les différentes familles de tensions à repérer. C’est promis, si je récupère son slide de présentation, je le partagerais dans un prochain billet.
Le 1er témoignage d’entreprise a été proposé par Pierre-Emmanuel Raux, DRH de
Thalès Avionics. Il a présenté un projet « prévention des risques psychosociaux dans la division aéronautique » qui a démarré en 2007.
J’ai particulièrement apprécié son retour d’expérience sur ce type de projet. Il précise qu’il faut :
- Accepter de donner du temps (on travaille sur le long terme)
- Accepter une certaine remise en cause (« même si tout ne peut pas être modifié, tout peut être expliqué »)
- Ne pas résumer le sujet à un dialogue entre expert/DRH/partenaires sociaux. Le management doit aussi participer et porter le sujet
- Rappeler et marteler qu’il s’agit d’un sujet de santé et de qualité de vie au travail
Enfin, le dernier témoignage d’entreprise est venu de Véronique Palazy,
psychologue du travail chez France Télécom qui a parlé des actions de prévention dans sa société.
Elle a notamment parlé du Wrap up, pratique que je ne connaissais pas et qui doit faire beaucoup de casse sur les plateformes téléphoniques. Pour comprendre ce que c’est voici des articles ici et ici.
Bref, la tâche devrait être longue dans cette entreprise …
En conclusion, et pour élargir le débat, Laurent Samson a rappelé que les troubles Musculo-Squelettiques (TMS) représentaient 80 % des cas de maladies professionnelles en France. Il a donc précisé qu’il valait mieux aborder toutes ces questions de santé au travail avec une approche globale de qualité de vie au travail.
Pour aller plus loin et approfondir ce sujet, voici quelques sources évoquées lors de la conférence :
- http://www.mieuxvivreautravail.anact.fr/
- http://www.travailler-mieux.gouv.fr/#
- http://www.aquitaine.aract.fr/dom_int_sante_trav_stress.php
- http://www.cram-aquitaine.fr/
Merci au CESI pour la photo de la conférence.
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